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PSYCHOLOGIE SPORTIVE

 

Par Richard LaChance M.ps., Psychologue-Psychothérapeute,

Psychologue Sportif et Préparateur Mental©

Québec, Québec, Canada

 

 

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LES SUPERSTITIONS DANS LE MONDE DU SPORT

DE L’IRRATIONALITÉ À LA LIBERTÉ D’ÊTRE

Par Richard LaChance M.ps., Psychologue-Psychothérapeute,

Psychologue Sportif et Préparateur Mental©

Québec, Québec, Canada

Pour comprendre les Superstitions dans le monde du sport, il faut d’abord comprendre comment l’être humain fonctionne psychologiquement sur le plan de son organisation de vie en général et encore, comment un athlète de haut niveau devient tel à travers ses entraînements.

Pour cela, nous devons établir d’abord une série de mots ou concepts de base qui sont nécessaires à cette compréhension.

Ainsi, nous savons que l’athlète se forgera à travers ce que l’on appelle l’entraînement et encore, la discipline sportive. À travers ces entraînements – la plupart du temps journaliers – l’athlète répétera sans cesse les mêmes mouvements afin que de nouveaux « patterns comportementaux » s’installent chez lui en guise de conduites « automatisées » lui laissant ainsi plus d’énergie au dépassement de soi lors des compétitions.

Sans ce processus d’« automatisation » l’athlète devrait sans cesse « réinventer la roue » à chaque compétition afin de trouver le comportement adéquat dans chacune des circonstances sportives. Ce qui est la même chose pour nous tous, incidemment, et ce, à chaque jour. Par exemple, se brosser les dents après chaque repas, nous n’avons plus à penser « comment fait-on »! Par la répétition du ou des comportement(s), nous avons « automatisé » cette série de comportements pour accomplir nos activités journalières. Même chose pour tout ce que nous faisons quotidiennement que se soit au travail ou à la maison.

Ainsi, il est utile de comprendre que l’être humain est d’abord et avant tout un « être conditionné »! C’est à travers nos conditionnements que nous évoluons à chaque jour. À l’aide de ce processus, nous n’avons pas à refaire à constamment « réinventer la roue ». Des automatismes prennent placent en nous. Ce que nous appelons le processus d’apprentissage!

Que l’on appelle ce mécanisme d’automatisation de création d’habitude ou encore de routine de vie, nous parlons de la même chose soit d’un seul et même processus d’apprentissage. Pour monsieur et madame tout le monde, nous parlerons d’« habitudes ou de routines de vie ». Sur le plan sportif, nous parlerons de « patterns ; de séquences et même de routines sportives». Ce qui signifie la même chose dans tous les cas, soit la création automatisée d’une série de comportements afin de réaliser une action bien précise connu sous le vocable du processus d’apprentissage tel que le concevaient les pères fondateurs de la psychologie Behavioriste (Behaviorale) ou Comportementaliste.

 

L’École du Behaviorisme ou Comportementaliste

Un courant majeur en psychologie fut l’avancée à propos des connaissances de l’apprentissage vu et compris par les pionniers et fondateurs de la psychologie Behavioriste – de l’anglais Behavior – ou Comportementaliste.

Parmi les grands noms de ce courant, on retrouve: Ivan Pavlov (1849-1936) en Russie (devenue l’U.R.S.S. ensuite); John B. Watson (1878-1958) et B.F. Skinner (1904 -1990) tous deux des U.S.A. Ces trois principaux personnages de ce courant de pensées en psychologie – provenant respectivement d’endroits différents et à des époques successives – s’entendront pour dire que l’être humain est essentiellement conditionné tel est le fondement de l’apprentissage humain comme animal. Soit le conditionnement classique ou répondant (I. Pavlov). Et le processus de l’apprentissage selon le principe de stimuli-réponse et celui de l’essai et erreur (J.B.Watson). Et encore, le conditionnement opérant ou instrumental (B.F.Skinner) procédant par un système d’un comportement attendu suivi d’un renforcement – positif ou négatif – ou d’une punition pour éteindre un comportement non souhaité.

Le but ultime des ces trois ténors du Behaviorisme est non seulement de faire contrepoids à l’introspection de la psychanalyse naissant de l’époque – la subjectivité – mais de démontrer que la conduite humaine est d’abord et avant tout un processus de conditionnement. Or, l’être humain évolue et apprend à travers une série de conditionnements qu’ils soient opérants ou répondants. De cette façon l’on peut comprendre la construction de la conduite humaine non plus d’une manière subjective – par l’introspection – mais bel et bien, d’une manière objective c’est-à-dire d’une manière observable et mesurable.

 

De l’Objectivité à l’Irrationnel 

Ainsi des comportements spécifiques apparaissent et se construisent selon des principes clairement énoncés qui gouvernent la psychologie Behavioriste. Rien n’est ainsi laissé au hasard. Et tout est expliqué. Soit qu’un comportement est apparu précédé par un stimuli comme le veut le principe du stimuli-réponse (conditionnement répondant), comme une peur. Je fais « BOOU ! » et un sursaut apparaît chez le sujet. Ou soit que le comportement est maintenu par un élément extérieur appelé un renforçateur qui suit un comportement (conditionnement opérant) tel est le principe du comportement-récompense. Ainsi, un comportement lorsqu’il est suivi – à chaque fois ou pas – d’une récompense (renforçateur positif) accroît sa probabilité d’apparition. Ou inversement, un comportement a de plus grandes chances de disparaître de l’ensemble du répertoire d’un individu s’il est suivi d’une punition (renforçateur négatif ou absence ou retrait d’un renforçateur positif).

 

Les Superstitions

Ainsi, pour les tenants de la psychologie Comportementaliste, diront et expliqueront que les superstitions – soit les conduites irrationnelles tel que le fait porter toujours le même chandail ou porter à son cou telle breloque – sont apparus – et maintenus par la suite – par un renforçateur survenu « accidentellement » dans le processus d’apprentissage de l’individu. Par exemple, je portais tel chandail ou telle breloque lors d’une compétition où j’ai remporté la médaille d’or. Remporter l’or – renforçateur positif – vient « accidentellement » renforcé le comportement porter tel chandail ou la breloque et ainsi augmenter significativement la probabilité que je fasse le même comportement soit de porter ledit chandail.

De la même manière, où le chercheur américain B.F. Skinner a donné « aléatoirement » à des pigeons une récompense – dans ce cas, de la nourriture – suite à des comportements émis. Les pigeons reproduisaient sans cesse les mêmes comportements « pour le moins curieux » alors que ceux-ci n’avaient aucun lien avec le fait d’obtenir de la nourriture comme par exemple le fait de tourner sur lui-même en secouant la tête à plusieurs reprises. Ainsi les pigeons tournaient ainsi sur eux-même même s’ils n’obtenaient pas de nourriture et cela, s’expliquait selon le chercheur par le fait qu’ils ont déjà émis cette série de comportements et que ceux-ci ont été suivi d’un renforçateur positif.

Sur le plan humain, les comportements « pour le moins curieux » pourraient être compris comme « non rationnels » et sans fondement avec le contexte, soit le fait de manger.

 

L’Effet Placebo

Sur le plan médical, nous avons un phénomène semblable, du moins dans le même registre, cependant dans ce cas-ci il y a attente d’un comportement, c’est-à-dire qu’un comportement ou un état chez un individu apparaisse si l’on évoque l’idée qu’« un mieux-Être » s’en suivra à la prise de tel médicament alors que celui-ci est neutre et sans effet donc aucun impact en soi positif sur l’évolution ou l’involution d’une maladie. Ce qui est reconnu comme étant l’Effet Placebo.

Ainsi un comportement positif – soit, l’amélioration de la condition de santé d’un individu – est apparût suite à la suggestion ou la prédiction de l’issu (selon les principes du conditionnement répondant stimuli-réponse). L’Effet Placebo est largement documenté dans la littérature tant médicale que psychologique.

Dans ce cas-ci, il y a « induction » – ou suggestion – comme le veut les principes de l’hypnose. De la même manière qu’un hypnotiseur dira à son patient : tes paupières sont de plus en plus lourdes… de plus en plus lourdes. L’hypnotiseur induira une réponse chez son client (conditionnement répondant) certes, l’issu du traitement est en relation directe, d’une part ,avec le degré de subjectivité de l’individu. Et bien entendu selon « la réputation » de l’hypnotiseur. Plus sa réputation est forte et bien fondée plus les effets sur ses patients seront plus facilement induits selon le principe de l’Effet Placebo : « Je plairai » à l’hypnotiseur ou je lui répondrai positivement car je sais que cet intervenant a une solide réputation. Que cette « intention » de la part du sujet soit émise consciemment ou inconsciemment.

 

Nous sommes tous des Hypnotiseurs

Chaque individu procède de la même manière avec quiconque que nous entrons en relation que se soit dans sa vie personnelle, professionnelle ou sportive.

Et encore, nous nous Hypnotisons nous-mêmes par des paroles ou des pensées – comme des prédictions ou des suggestions – que nous évoquons constamment pour tout et pour rien. Par exemple, devant un futur examen : Ah ! ça va bien aller! Des paroles que nous prononçons aussi aux autres comme à nous-même. Ou encore : Je « sens » que ça val mal se passer! Nous « induisons ainsi des comportements dans le futur. Nous procédons par suggestions comme le fait l’hypnotiseur professionnel. Nous sommes et agissons ainsi quotidiennement en évoquant de tels propos en nous et pour nous. Voire et comprendre comme le fait la plupart des athlètes avant une compétition sportive : ils se projettent dans le futur se voyant au sommet de leur discipline.

C’est ainsi qu’il existe des gens que l’on dit « positifs » ou « positivistes ». Et d’autres, « négatifs ». Ces personnes – dans un cas comme dans l’autre -, sont constamment en train de faire de manière explicite de l’Auto-Hypnose avec eux-mêmes. Ils s’auto-hypnotisent. Dirigeant leur attention dans une direction plutôt qu’une autre. En dirigeant ainsi leur attention dans une direction spécifique et spécifiée ils augmentent ainsi la probabilité que le comportement souhaité apparaisse, par exemple, « Que ça se passe bien ! » (Tels sont aussi tous les fondements de « La Loi de l’Attraction » – ou autres – pour ceux qui ont déjà lu sur le sujet, soit d’« attirer à soi » ce que l’on souhaite).

 

De l’Irrationnel au Rationnel

Nous nous retrouvons ainsi à la limite – à la frontière – de l’irrationnel et du rationnel. Certes, il est vrai que de diriger son attention dans une direction augmente « la probabilité » que le comportement apparaisse, voire que le résultat souhaité surgisse.

De la même manière que le geste de superstition suggère un résultat attendu. Je porte tel médaillon cela me porte chance. Je me dis : « Ça va bien aller ! Car ça bien été dans le passé lorsque je l’ai porté ». Un résultat est ainsi suggéré. À la différence avec la superstition, cette dernière évocation augmente la probabilité de comportements contextuels en conséquence soit des comportements de calme, de quiétude et de sécurité, par exemple, versus une évocation que « Ça val mal aller ! ». Dans le dernier cas, la probabilité que j’émette des comportements de maladresse, d’inquiétude et d’anxiété sont, en outre, augmentés selon les principes de la psychologie Behaviorale (conditionnement répondant).

L’individu qu’il soit athlète ou pas, doit comprendre et connaître les enjeux des conditionnements quels qu’ils soient même sociaux. Afin d’accéder à sa pleine Liberté d’Être. Autrement, la seule issue est l’enfermement dans ses conditionnements comme des conduites de superstition. Et pour ce faire, toute personne aguerrie doit utiliser les principes de la psychologie – quelle soit Behavioriste ou Comportementaliste ou autre – à bon escient. Afin de sortir de la torpeur de la subjectivité et atteindre l’objectivité, l’observable et le mesurable. C’est cela aussi sortir de la grande noirceur! Et accéder à sa Pleine Évolution.

Mais avant, regardons de plus près ce que ce continuum (Tableau 1) peut donner à partir de la pensée irrationnelle vers la pensée rationnelle :

 Tableau Irra rationnel

TABLEAU 1

Ce que nous apporte les explications et les principes de la psychologie Comportementaliste, c’est qu’il est « utile » d’amener à la conscience les pensées « irrationnelles » qui se promènent librement dans notre esprit, notre mental, afin de se libérer du monde envahissant que peut-être, par moment, le monde du non-conscient – l’inconscient. Comme des peurs irrationnelles, ou des pensées « rituelles » comme des « rituels », par exemple, ce que certains artistes de scène vivront avant leurs spectacles. Initialement une série de comportements se voudront de simples Routines « saines » de vie qui petit à petit deviendront des rituels – obsessifs-compulsifs. À ce moment-là, sans ces rituels l’artiste perd « toute confiance » en lui-même et en ses moyens. Il devient désemparé. Il est anxieux et incapable de se reprendre en main. L’anxiété montant sans cesse : il aura oublié sa médaille porte-bonheur, par exemple, avant de monter sur scène. Son talent est ainsi mis au service de la superstition.

La ligne est ainsi mince entre la routine de vie – ou le pattern pour le sportif – et le rituel obsessif-compulsif. Mais ici, est bel et bien le point de Bascule. Au beau milieu. Entre l’Irrationnel et le Rationnel.

 

Du Rationnel à la Liberté d’Être

Une fois que nous comprenons les divers principes et enjeux de la condition humaine, il nous est possible de nous Libérer de ces chaînes – entendre conditionnements humains. Mais est-ce vraiment possible, demanderez-vous? Examinons le Tableau 2 pour tenter une réponse.

 

Tableau 2 Irra Rationnel

TABLEAU 2

 

Ce qu’il est possible de comprendre à partir de ce Tableau ci-haut, c’est qu’il devient essentiel de dépasser le monde du conditionnement afin d’accéder à sa Pleine Liberté d’Être.

Ce qui était ou pouvait être de « saines habitudes de vie » ou se voulait « objectivement » de sains comportements ou simplement, une série de comportements « inoffensifs » peut devenir- comme l’illustre le dernier Tableau -, contre-productifs et nuire à tout bon athlète – comme à quiconque, d’ailleurs – si ces comportements demeurent dans la zone de l’irrationalité ou de l’inconscient. Et comme nous en avons pu en discuter précédemment.

Et encore, une fois que nos conduites soient parvenues clairement à la conscience, il devient tout aussi nécessaire de dépasser – tôt ou tard – ces conduites conditionnées pour accéder à une Pleine Liberté d’Être – ou Pleine Conscience, comme se plaît à le dire et le démontrer la dernière vague du courant Comportementaliste.

 

En guise de Conclusion

Le pas à faire devient aisé une fois que les patterns « irrationnels » sont parvenus à la conscience. Afin de passer de la pensée irrationnelle à la pensée rationnelle. Car le fondement même de l’évolution humaine repose essentiellement sur la « compréhension » – de ce principal mécanisme, en outre. Comprendre devient ainsi le maître-mot.

Comprendre d’abord, qu’il est essentiel de sortir de la noirceur de l’inconscient. Peu importe l’approche psychologique ou l’avenue utilisée. Sortir de l’irrationalité. Pour passer à une pensée rationnelle, expliquée, comprise. Une pensée qui fait sens. Qui donne du sens.

Ainsi, ce qui est compris sort du mystère de l’inconscient et de surcroît des superstitions.

Les superstitions dans le monde du sport sont légion. Puisque tout l’entraînement des athlètes repose sur la répétition incessante de conduites afin de les rendre automatisées donc, les amener hors de la conscience. Là guette cependant tout athlète. Ces comportements automatisés doivent faire l’objet d’un regard attentif et constant afin de les garder en Pleine Conscience. Comprendre le pourquoi – comme des fondements psychologiques – de nos agir comme de nos routines de vie.

Passer au peigne-fin l’ensemble de nos conduites comme de nos séries de comportements qui précèdent nos activités tant sportives que personnelles ou même professionnelles afin d’y découvrir des patterns – stimuli-réponse ; réponse-renforçateur – qui seraient « maintenus » par des pensées irrationnelles ou rituelles qui pourraient nous rendre esclave de celles-ci et affecter conséquemment nos performances comme nos qualités de vie. Voilà ce à quoi je vous convie.

Bonne Recherche !!

 

Richard LaChance M.ps.

 

 

 

 

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